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Bienvenue sur mon blog Pourquoi je n’irai plus voter 1 mars 2012 Deux cent treize ans de luttes politiques, d’extensions successives du droit de vote des diverses catégories de citoyens, pour arriver à ça… Courtes réflexions sur le droit de vote et ce qu’il représente dans notre régime politique. De l’idée de la démocratie, de la notion d’égalité et de ce qu’elles représentent La démocratie, ou à tout le moins l’idée de démocratie, est une belle chose, certainement la plus belle des idées politique. La démocratie c’est étymologiquement l’autorité du peuple, ou encore « ». La démocratie est fondée sur l’égalité, dont découle la liberté (ainsi que la fraternité dans la devise républicaine française). Toutes les démocraties reposent sur l’égalité absolue entre les membres du corps démocratique. La création de la démocratie athénienne a été fondée au Vème siècle non seulement grâce à outre Clisthène et Solon, mais surtout suite à la victoire de Salamine, la victoire des « rameurs », c’est-à-dire du peuple. La révolution française est également fondée sur cette idée d’égalité, de même que la Révolution américaine, ou pour reprendre la belle formule de Hegel, de gens « qui n’ont pas tremblés devant la mort » ; n’oublions pas non plus que la devise complète de la Révolution française est la suivante : « liberté, égalité, fraternité ou la mort ». Loin de moi l’idée de me faire le panégyrique de la guerre, de la mort, de la destruction etc. Mais il faut simplement comprendre, et les grecs l’avaient bien compris, c’est que pour pouvoir donner son avis il faut être égal ; or pour être égal, il faut se reconnaître comme tel. Tant que cette égalité dans le corps politique n’est pas reconnue, la démocratie ne peut être que formelle ; c’est ce contre quoi nous met en garde J.J. Rousseau, le plus grand penseur politique des Lumières, lorsqu’il nous dit : « Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort; il ne l’est que durant l’élection de membres du Parlement: sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. ». Le penchant négatif de la démocratie est donc l’exclusion par l’absence d’une égalité qu’on croit – à tort – naturelle : les esclaves dans l’antiquité, les femmes au XIXème siècle, les étrangers aujourd’hui. Tout le travail du vrai démocrate est donc d’inclure, de reconnaître l’autre comme son égal. Je ne fais que signaler ce problème qui entraînerait de longs développements qui ne sont pas directement en rapport avec mon propos, mais qui n’en constitue pas moins le nœud gordien de la démocratie. Du régime actuel Cet ersatz de démocratie dans laquelle nous vivons est devenu ce qu’en disait Rousseau. Nous ne votons pas, nous n’effectuons pas un acte citoyen et responsable de choix politique, au contraire nous sélectionnons (ce qui est d’ailleurs le sens premier du verbe « élire ») des représentants des diverses oligarchies possibles. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes plus égaux tout simplement. Il n’est que de voir le mépris insultant de la classe dominante et des partis politiques pour nous le peuple ; car ne nous y trompons pas : les prolétaires, c’est vous, c’est moi, en somme tous ceux qui ne sont pas capitalistes au sens marxiste du terme. Longtemps les penseurs ont tenté de noyer le poisson en inventant les « classes moyennes » et autres fariboles, mais tout cela n’existe pas : il y a d’un côté ceux qui possèdent et de l’autre ceux qui vendent leur force de travail : d’un côté les capitalistes et de l’autre les prolétaires ; d’un côté les seigneurs de l’autre les esclaves ; d’un côté les citoyens romains, de l’autre les esclaves. L’égalité reconnue par la Déclaration des Droits de l’Homme n’est que formelle et sert à endormir le bon peuple. Nous en sommes arrivé à ce que pressentait Tocqueville dans la démocratie en amérique, (l’extrait est un peu long, mais vaut la peine qu’on le cite in extenso ) : « […]Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait. Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple. Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne. Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent. » Des électeurs et des medias Ceux qui vont choisir Hollande ou Sarkozy ne feront rien d’autre que « [sortir] un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent » . Il n’y a pas de différence, si ce n’est sur la forme, entre Sarkozy et Hollande et le prétendu socialisme d’Hollande n’est